la France vue par Hollywood c'est le nouvel article d'Alexia André pour ARI Pictures.

La France vue par le cinéma Hollywoodien


LA FRANCE VUE PAR LE CINEMA HOLLYWOODIEN

C’est en regardant pour la énième fois le film The Bourne Ultimatum de Paul Greengrass (Herbeverte en français…) que m’est venue l’idée de ce sujet, cher à mon cœur de patriote. Effectivement, deux des scènes du début du film se passent à Paris.

Bande-originale du film The Bourne Ultimatum, célèbre mélodie composée par John Powell :

http://www.youtube.com/watch?v=wsSJAuHDh3w&list=PLD5FAC4E97329692B

Paris, capitale des lumières, de la mode, rond-point économique européen et mondial. Ses briquettes bistrées, ses avenues interminables qui semblent toutes mener au même endroit, son métro empuanti, ses bistrots à l’ancienne aux clients rubiconds (certains authentiques, d’autres authentiquement touristiques…). Ce Paris-là a toujours fière allure au travers des yeux d’un réalisateur hollywoodien, trop habitué à ses studios en carton-pâte. En caricaturant la caricature, le cinéma américain nous offre deux principales versions de ce Paris :

  • Cas d’étude n°1 : l’image est presque toujours sépia, comme si la ville baignait dans une lumière jaunie de carte postale. Les français n’ont pas encore l’air sortis de la Belle Epoque. En fond sonore, « La vie en rose » d’Edith Piaf, voire même Thomas Dutronc si le réalisateur est plus « actuel ». C’est une véritable rétrospective que nous font revivre ces réalisateurs, à croire que le France est restée en 1930 et que les Etats-Unis sont eux bel et bien en 2013. Vous avez sûrement déjà noté que, lors de catastrophe planétaire cinématographique, les américains sont toujours les libérateurs et Paris est toujours la première à partir en poussière. Partant du principe que l’on roule encore en charrette comme ils semblent le croire, cela n’a finalement rien de surprenant.
  • Cas d’étude n°2 : Paris apparaît comme une ville Européenne lambda. Seul détail permettant de la différencier de Londres ou Berlin : un plan panoramique de la Tour Eiffel. Grouillante de monde, fumante, grise, pleine de voitures…Voilà une vision qui se rapproche déjà un peu plus de la réalité. Pourtant, un détail troublant vient nous titiller : les parisiens semblent tous rouler en voiture française. On se croirait presque à l’espace français du Mondial de l’automobile. Voilà encore quelque chose qui nous fait passer pour un pays peu ouvert. Je tiens quand même à rétablir la vérité quitte à choquer : selon un sondage très sérieux, seuls 52.30% des français roulent en voitures françaises.

Globalement et grossièrement, dès qu’une scène est tournée à Paris, il y a des pigeons.  Les hommes et femmes sont toujours élégants, habillés en manteaux beiges l’hiver et en chemisiers en flanelle l’été. Paris ne semble-t-elle pas hors du temps ? Tout se passe entre l’avenue Montaigne et la place Vendôme, entre la butte Montmartre et la rue Cambon, toujours.

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Le diable s’habille en Prada, dresse un portrait très élogieux de la ville de Paris.

Sur la photo ci-dessous tirée du film Inception, le serveur est statique, mains dans le dos, blouse blanche immaculée et cravate parfaitement nouée. Là encore, deux hypothèses :

1) Ce Monsieur sort tout juste de l’école hôtelière

2) Christopher Nolan caricature un chouia le service à la française

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Leonardo Dicaprio forme la jeune étudiante Parisienne Ellen Page au métier « d’architecte ».

Dès que l’on s’éloigne de Paris, la transition est violente ! Le reste de la France est rural. Tout le monde vit dans des maisons en pierre et se chauffe au bois. A l’écran, les petits villages français sont souvent de jolis bourgs médiévaux, bucoliques et chaleureux. À croire que le réalisateur a tiré au sort parmi les Plus Beaux Villages de France.

la société de production audiovisuelle ARI Pictures vous présente le journal d'ARI

Notre cher Tom, dans Catch me if you can de Steven Spielberg.

Les grands studios hollywoodiens sont en général loin, très loin de la réalité. Mais ne serait-ce pas une volonté de leur part ? Au même titre que les brochures touristiques les plus efficaces, le cinéma vend une image et une identité, donc inévitablement une caricature.

Dans le film The Bourne Ultimatum évoqué précédemment, la scène se déroule devant la gare du Nord et reflète bel et bien la réalité parisienne. Comme toutes les villes européennes, Paris possède de très beaux quartiers et d’autres moins mis en valeur. Une bonne surprise donc pour cet épisode de la saga Jason Bourne. Dans le film précédent, seuls les principaux lieux touristiques de Paris intervenaient dans le récit. Un grand merci à l’auteur de la saga Robert Ludlum, qui pour une fois, a choisi un décor parisien qui a plus en commun avec le Paris de tous les jours qu’avec le Paris des catalogues.

La France d’Amélie Poulain a d’ailleurs provoqué de grosses conséquences touristiques. Les américains et les japonais sont fascinés par ce Paris de fiction et veulent absolument venir se faire un bisou sur le pont des amoureux. Seulement voilà, en théorie c’est féérique mais en pratique, tous ces mensonges provoquent ce qu’on appelle le mal de Paris. Les touristes, confrontés à la réalité de la ville, entre saleté, désordre, et vols dans les transports en commun, tombent alors dans un étrange état de dépression touristique.

Via Hollywood, notre patrimoine historique, culturel et architectural est particulièrement glorifié, mais le septième art reste le septième art et une fiction reste une fiction. Ne pas soi-même prendre conscience de la limite entre cinéma et réalité peut avoir des conséquences bien plus graves que celles énoncées ci-dessus.

Le cinéma est là pour nous faire évader du monde réel le temps d’une séance, mais attention à ne pas monter trop haut, la chute pourrait être rude !  Je me permets pour finir de signaler à certains citoyens du « Nouveau-Monde » qui en douteraient encore : en France, la monarchie est abolie depuis le 22 septembre 1792.

Alexia André