intelligence artificielle, article du journal d'ARI écrit par Céline Smith

Intelligence Artificielle de Steven Spielberg


Aujourd’hui, Céline Smith inaugure une nouvelle chronique sur le thème des films de science-fiction. Chaque semaine, nous publierons un article sur les grands classiques qui ont permis à ce genre d’être l’un des plus populaires en salle. Nous traiterons également dans cette chronique des films peu connus par le public. Ces petites perles qui sont passées à côté de leur promotion, ou qui sont sorties la même semaine qu’un gros concurrent… Rassurez-vous, nous ne vous priverons pas des inclassables nanars !

A.I : Petit point sur le récit.

Sur une planète en pleine mutation (fonte des calottes glaciaires, nombreuses villes englouties), les ressources sont devenues rares et les naissances doivent être contrôlées. Vous avez le sentiment de lire le synopsis du « jour d’après II » ? Un peu de patience !

C’est dans ce contexte que les robots se sont développés dans notre société. D’une part, ils ont l’avantage de ne consommer aucune ressource pour « vivre » et d’autres parts, ils sont en mesure d’imiter parfaitement les réactions humaines. Un scientifique va même plus loin dans la démarche en concevant un robot enfant capable d’aimer. Ainsi vient au monde David, premier prototype du genre, qui est adopté par un jeune couple…

Cette semaine ari pictures fait le point sur le film de science-fiction A.I

Durant sa quête David devra se rendre à Red city, la ville de tous les plaisirs.

Une peinture de l’ambivalence humaine

Projet initialement entrepris par Stanley Kubrick, Steven Spielberg récupéra le flambeau et se lança dans cette fascinante exploration du rapport Homme/Machine. Dans un discours de tolérance, il fait l’analyse de ce qui sépare les humains des robots, et de ce qui les rapproche et pose la problématique suivante.

Au fond, humains comme machines ne cherchent-ils pas tous à donner un sens à leur existence ?

À de nombreuses reprises, les rôles s’inversent et les robots paraissent plus humains que les humains mêmes.  Ambivalents, les humains ne sont jamais entièrement bons, ni entièrement mauvais. Ils se battent tous pour un idéal plus ou moins contestable. Tel le forain de la « foire à la chair » qui veut exterminer les machines pour que le factice et l’illusoire ne priment pas sur le vrai. Ou encore, comme le professeur Hobby, complètement aliéné par son obsession de créer des êtres capables d’émotions, mais néanmoins désintéressé dans sa démarche.

Ce sont les robots qui paient cette ambivalence. À la fois par une farouche haine de leurs créateurs, effrayés semble-t-il à l’idée de se voir remplacer par leurs propres créations, et par une volonté de leur faire porter la responsabilité des erreurs humaine.

Cette imperfection de l’homme apparaît aussi comme directement liée à sa capacité à éprouver puisque c’est précisément ce qui le fait agir de manière discordante. Un comportement que l’on retrouve, aussi chez David qui se révèle lui aussi « terriblement » humain. N’est-ce pas lorsqu’il était effrayé qu’il a fait tomber son frère dans la piscine manquant de le tuer, ou lorsqu’il était en proie au désespoir de découvrir qu’il n’était pas unique qu’il s’en est violemment pris à sa réplique ?

David et Teddy dans intelligence artificielle.

L’équipe du journal d’ARI a voté pour son personnage préféré ! Teddy L’ours en peluche.

Nous conclurons sur le petit reproche que l’on peut faire au film à savoir son hétérogénéité.

L’œuvre ne semble pas former une totalité et certaines parties sont sujettes à de nombreuses critiques. On peut noter au moins deux césures qui ne sont pas toujours cohérentes avec le début du film. Le propos n’est pas le même: à un discours complexe sur les possibilités de cohabitation entre l’humain et la machine, succède un joli conte plus naïf et sensible où l’on suit un petit garçon courir après un rêve irréaliste.

Néanmoins, cinéaste de la réconciliation, Spielberg ne donne pas pour autant une image négative de l’espèce humaine. Bien au contraire. Dans un dernier moment, le film s’attarde sur ce qui fait à la fois la grandeur et la misère de l’humain. À savoir, son esprit et son « aptitude à désirer ce qui n’existe pas ».

Céline Smith