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Sunshine : quand prévision météorologique rime avec Danny Boyle


Le film Sunshine  dépeint le tragique destin d’un soleil en train de s’éteindre, laissant l’humanité dans le chaos le plus total. Le froid polaire étendu sur tout le territoire et la faible luminosité laissent les habitants de la terre sans ressources.

Actuellement, vous vous sentez peut-être proche des personnages de ce film. Nous sommes au milieu du mois de juin et le soleil est d’humeur boudeuse. Alors oui, lorsqu’il est là, il nous réconforte, nous donne bonne mine à la rentrée, nous permet de pique-niquer  dans l’herbe folle et d’organiser des planchas entre amis. Mais nous devons surtout à cette gigantesque naine jaune une chose qui nous semble aussi naturelle que fragile : la vie.

Face à un sort de l’humanité plus que dramatique, une équipe de 7 scientifiques américains (évidemment) prend le risque de se sacrifier pour sauver l’humanité d’une fin certaine. À bord du vaisseau ICARUS II équipé d’une charge nucléaire, le groupe de vaillants jeunes gens se dirige droit vers Hélios. Leur mission ? Faire exploser la charge à sa surface, provoquant ainsi la reprise d’une activité solaire et par conséquent, un renouveau pour l’humanité toute entière. Avant eux, le vaisseau ICARUS I avait déjà tenté l’expérience, sans succès. L’équipage avait atteint une zone de non communication, perdant ainsi tout moyen de dialogue avec la Terre.

La bande-originale, composée par John Murphy, est particulièrement percutante. Cette sublime composition est d’ailleurs aujourd’hui très souvent reprise.

L’histoire de ce film, sorti sur nos écrans en 2007, est censée se dérouler dans 44 ans. Mais qu’en est-il réellement de l’avenir du soleil ? Les hypothèses développées dans cette histoire sont-elles plausibles ?

Tout d’abord, si vous confondez astronaute et astronome, alors ce film n’est pas fait pour vous. Si vous tremblez à l’idée d’une éventuelle fin de l’humanité dans 5 milliards d’années, alors ce film n’est pas fait pour vous. Si vous avez détesté le film 28 jours plus tard, ce film n’est pas non plus pour vous. Si les huis-clos au cinéma vous horripilent et qu’en plus, vous êtes claustrophobe, alors ce film n’est définitivement pas fait pour vous.

Pour la partie rationnelle de l’histoire, voici ce qu’il risque réellement de se passer :

Le soleil est une étoile composée d’hydrogène et d’hélium et représente à lui seul 99 ,86% de la masse du système solaire.  Symbole de vie absolue, sans lui, l’humanité est condamnée. À termes, notre soleil va mourir, mais avant cela, il va entrer en fusion et son diamètre sera alors 400 fois plus important que l’actuel. Les conséquences ne tarderont pas à se faire ressentir sur notre petite planète tellurique toute mignonne : en s’effondrant, le soleil provoquera un réchauffement terrestre fulgurant. Les glaces polaires vont alors fondre à vue d’œil et les mers et océans s’évaporeront. Ces phénomènes encourageront donc des précipitations excessives, faisant de la surface terrestre une immense forêt luxuriante. Mais progressivement, ce réchauffement va provoquer la disparition de l’eau liquide sur terre. Avant cette phase, les scientifiques prévoient la disparition de tous les êtres vivants, confrontés à une chaleur insupportable pour leurs cellules.

Ce noir dessein n’aura lieu que dans 5 milliards d’années selon les prévisions des  astronomes. Nous avons donc un peu de temps devant nous pour en reparler.

Mais Sunshine se déroule en 2057 et le soleil s’éteint progressivement. Ce phénomène est-il possible ? Non, le soleil ne peut pas s’éteindre de cette façon. Il va un jour bel et bien devenir une naine blanche, cent fois plus petit que ce qu’il est aujourd’hui, mais ceci ne peut avoir lieu qu’après son agonie, bien après son gonflement et la disparition de la Terre.

Cependant, partant de l’hypothèse qu’il n’y a pas de science exacte, et que jusqu’à preuve du contraire, nous n’arrivons pas toujours à prévoir ce qui va se passer sur notre Terre, comment affirmer à l’humanité toute entière, droit dans les yeux, que l’avenir d’un astre qui se trouve à 149 600 000 km de notre planète, est prévisible et calculé ?

En raisonnant ainsi, tous les scénarii de science-fiction sont alors plausibles et ne jamais les prendre au sérieux peut alors sembler présomptueux pour les êtres vivants que nous sommes et qui ne représentent qu’une infime particule d’un univers que nous ne maîtrisons pas.

Le film Sunshine a sans aucun doute une consonance dramatique car il met en exergue toute la faiblesse de nos connaissances face à l’univers. Ne pas savoir ce qu’il y aux confins de cet univers, c’est ne pas savoir de quoi demain sera fait. C’est tout simplement ne pas tout maîtriser, chose particulièrement terrifiante pour le commun des mortels.

Prendre conscience de la grandeur de l’univers est un voyage fascinant. À l’aide d’un soupçon de curiosité scientifique et d’une pincée de récits comme celui mis en scène dans le film Sunshine, tout un chacun peut atteindre cet état de conscience absolue.

Des images à couper le souffle, un suspense de chaque seconde, des acteurs convaincants et une mise en scène grandiose, font de ce film un petit bijou cinématographique. Entre émotion et prise de conscience, Sunshine se vit comme une expérience. Au-delà du simple spectateur, nous entrons en apesanteur, ressentons presque la gravitation. Pour tous ceux qui rêvent secrètement de devenir astronautes et de tenter de percer les mystères de l’univers, ce film vous conduira droit vers le continuum espace-temps ! À noter également qu’un certain nombre de problématiques humaines domine tout le scénario : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour sauver l’humanité ? L’instinct de survie et l’individualisme sont-ils plus forts que l’avenir de notre civilisation ? Enfin, l’idée de la mort est-elle plus facile à supporter lorsqu’elle intervient dans le cadre d’un sacrifice héroïque ? Autant de subtilités qui sont traitées avec brio par Danny Boyle et adaptées du scénario d’Alex Garland.

Vous vous souvenez surement de la séquence finale du film  Men in Black I, portant sur l’infiniment petit et l’infiniment grand. Elle est inspirée du documentaire suivant, réalisé par un couple d’américains en 1977 et risque de vous donner le vertige ! Portant sur les puissances de 10, elle vous propose un voyage à reculons, partant d’un pique-nique au bord d’un lac pour aller jusqu’aux limites observables de l’univers !

Cette expérience vous permettra sans aucun doute de relativiser quant à la place de l’être humain dans l’univers. À la différence du film Sunshine, ce documentaire n’est pas une fiction. Les échelles sont bien réelles et vous pouvez les lire à gauche et à droite de la vidéo. Attention, la qualité est mauvaise.

http://www.youtube.com/watch?v=o5Bfsxxj-8w

Si la météo vous déprime, vous avez à présent toutes les cartes en main pour partir faire un voyage sans retour vers l’infiniment grand…

Alexia André